Les salariés de l’est parisiens
sont à la peine

Editorial

Lors d’une réunion d’équipe, à la 20e chaise, l’exposé des baisses de subventions, de la réduction du budget 2019, à fait un écho concret aux réalités des décisions de nos gouvernants.

Il a provoqué une vive émotion qui s’est ainsi formulée : de quels salariés va-t-on devoir se séparer pour maintenir l’équilibre financier de la structure en 2019 et dans les années suivantes ?

Après la disparition de plusieurs petites structures voisines de nos territoires parcequ’il n’y a plus d’emploi aidé, des petites structures qui tenaient des niches pointues et précieuses.

Après le déménagement du Centre social Ménilmontant qui provoque chez nous l’arrivée d’une partie de leurs anciens adhérents et un surcroît d’écoliers à la recherche de soutien scolaire quand la Caf nous retire par hasard et sans explication deux groupes Clas. Conséquence, nos listes d’attente pour l’inscription aux activités s’allongent comme jamais.

Où donc est-ce que la réduction des moyens alloués au Centre social permet-il, sans hypocrisie, de répondre à la « demande des habitants » ?

Comment donc, dans ces conditions, peut-on prétendre parler de solidarité, d’émancipation des habitants quand par la force des choses il ne nous est plus possible de poursuivre notre accueil inconditionnel de tous ceux qui se présentent chez nous ?

En fait, nos salariés travaillent à la 20e chaise dans une ambiance plutôt satisfaisante, avec des relations professionnelles tranquilles et sereines.

Et subitement leur saute à la gorge la question du sens de leur travail : quelle est cette peau de chagrin de l’animation sociale qui devient variable d’ajustement de la majorité de nos organisations de tutelle à l’exception remarquable de la Ville de Paris ?

Pourquoi la Caf restreint son engagement, pourquoi l’état abandonne le soucis des personnes fragiles et des territoires en zone politique de la ville ?

Pendant combien de temps encore un centre social sera-t-il subventionné pour faire notre travail d’accueil, de soutien, d’émancipation, d’animation, d’accompagnement des habitants de ces quartiers ?

Alors on pourrait dire, bon c’est encore la 20e chaise, avec ses magnifiques locaux, son président rose et gras, qui n’est pas contente de son sort. Mais nous avons par hasard échangé avec quelques voisins et nous apprenons que l’équipe de la Maison du Bas Belleville est malmenée par des demandes sociales impossibles à traiter, qu’à Soleil Blaise, le moral est bien entamé. Et d’autres qui préfèrent qu’on ne les cite pas parceque leurs difficultés s’expriment plus durement encore.

Ce dont je vous parle n’est donc pas le malaise passager d’un centre mais un ressenti partagé à l’aube de cet hiver 2018-2019.

Je voulais vous avertir de la gravité de l’étranglement qui s’annonce dans notre secteur et, pour le moins, du désarroi qu’il produit dans nos équipes salariées.

Yanic Gornet, président de la 20e Chaise

 

 

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