Impact de la réforme de la formation professionnelle : L’ENS est déjà prête

 

Article paru dans le magazine « Le guide familial »

ENS : Premier cours à la nouvelle formation des assistants sociaux

Pour les élèves entrant maintenant en première année, le diplôme d’assistant social, qui sera délivré dès 2021, aura le grade de la licence. Comment les programmes ont-ils été revisités concrètement ? Quel est le tronc commun avec les éducateurs ? Découverte des plannings à l’Ecole normale sociale à Paris 18.

Interrogation surprise : en quoi le diplôme d’assistant de service social change-t-il cette année ? Sur le trottoir, face à l’Ecole normale sociale (ENS), ce 17 septembre à Paris, à quelques minutes de la rentrée, les élèves hésitent. « Il sera reconnu comme une licence », sait au moins Cléa, comme d’autres. Le reste est plus flou. « On aura un tronc commun avec les universités », croit Jérémy. « Non, ce sera avec les éducateurs spécialisés et les éducateurs de jeunes enfants » (EJE), corrige Sara, avant d’ajouter que ce socle durera « toute la première année ». A bien y réfléchir, Jérémy se demande si le tronc commun ne couvrira pas « aussi la deuxième année »…

 

« Débrouillez-vous »
Rien d’étonnant si les futurs assistants sociaux ont encore des doutes sur le contenu de leur formation désormais à bac + 3. Le mode d’emploi de cette reconnaissance n’a été publié au Journal officiel que le 23 août. « L’Etat nous a dit : voilà les nouvelles règles, vous les appliquez le 1er septembre, débrouillez-vous », comme l’explique Claude Allenbach, le président de l’ENS, en accueillant les 35 élèves de la promotion.

 

Pas de surprise

Mais à vrai dire, les responsables de cette école déjà centenaire s’étaient informés de près, ces derniers mois, grâce à leurs réseaux. « Nous n’avons pas eu de surprise dans les décrets », assure Katia Lamardelle, la directrice générale de l’ENS. Et le programme du premier semestre était déjà bouclé, à quelques jours de la rentrée. Le second, lui, devait encore être finalisé… « Notre objectif est d’achever d’ici Noël la maquette des trois années », tablait alors Sabrina Cortes, la responsable du centre de formation.
Le contenu, il est vrai, n’aura rien de révolutionnaire. « Nous gardons environ 70 % des cours de l’an dernier ». En revanche doivent s’ajouter, notamment, des cours sur le numérique, ou de langue étrangère – ici l’anglais.

 

Tronc commun

Et comment organiser le fameux tronc commun dans cette école, qui ne forme, à ce niveau, que des assistants de service social ? Là encore, l’ENS a pu anticiper, en se rapprochant dès 2016 de trois autres centres de formation franciliens, pour constituer le « GR1 » (1). « Nous avons ainsi mutualisé plusieurs cours », poursuit Sabrina Cortes.
Les élèves ont déjà pu le découvrir sur leur planning de septembre. Toute la semaine prochaine, ils seront rejoints par les futurs EJE de l’Iris, pour des cours sur « la question sociale » et « l’histoire du travail social ». Ils iront ensuite visiter le centre de ressources de l’IRTS Parmentier – dont la documentaliste est désormais partagée entre les deux écoles.
« Nous allons encore progresser dans ces mutualisations », estime Katia Lamardelle. « Mais nous n’allons pas vers une même première année pour tous : nous garderons nos spécificités. » En réalité, le socle commun entre les cinq formations « peut difficilement dépasser le premier semestre », estime Sabrina Cortes. Les assistants sociaux de l’ENS, en 2021, ne seront donc pas les éducateurs spécialisés de l’IRTS, ni les EJE de l’Iris…

(1)    Le GR1 se compose de l’ENS, Initiatives, Iris et l’lRTS Paris Parmentier.

Auteur : Olivier Bonnin

 

Aller à la barre d’outils