Allo, c’est le centre social

Les centres sociaux et culturels parisiens ont tiré leur rideau : c’est fermé.
Mais pourtant, ce n’est pas le chômage technique, c’est plutôt le télé-travail.
Les salarié.es ont pris leur téléphones, partagé la liste des adhérent.es et au travail.

Avec l’aide de quelques bénévoles, on s’organise, on poursuit nos activités : le coronavirus ne passe pas par le téléphone, profitons-en.
On découvre le charme de nouveaux outils au service de la solidarité : skype, whatsapp, framateam, slack, trello et autres outils spécialisés. Déjà au moins pour s’organiser entre nous.
Et puis on téléphone, on se téléphone, on téléphone aux habitants.

On a pris la liste des adhérents, on s’engage à les appeler une fois par semaine. Nos habitants sont plutôt très inquiets. Tout le monde n’a pas l’habitude de discerner les consignes raisonnables parmi les propos bavards exposés sur nos écrans de télévision, d’autant que c’est en fait une guerre tout à fait invisible !
Et puis cette foutue attestation comment faire pour en disposer : même si par obstination un habitant parvient à la trouver sur internet, il y a très peu d’imprimante à domicile. Et comme ça ressemble à un papier officiel, on ne croit pas qu’on peut l’écrire à la main. Et puis, comme on met la date, il faudrait la recopier chaque jour quand je vais chercher une baguette au coin de ma rue ? C’est écolo ça ?

Le travail s’organise, on a réparti la liste des téléphones. On a discuté avec les associations du quartier pour imaginer comment on pouvait se répartir l’effort de contact.
Le plus délicat ce sont les personnes âgées qui vivent toutes seules. On essaye de trouver des voisin.es qui peut-être pourraient aider.
Un autre animateur s’organise avec quelques bénévoles disponibles afin de poursuivre le soutien scolaire des enfants par téléphone.
L’organisation des vacances qui est une actualité du mois de mars pour les familles se prépare avec un téléphone et internet.
On publie nos infos sur nos pages Facebook et on recommande à nos habitants d’y aller voir. On explique par téléphone.
Mêmes les ateliers socio-linguistiques s’organisent pour maintenir un lien avec les apprenants que l’on peut joindre en français, en anglais et même en arabe grâce à la salariée ou au bénévole qui est bilingue.
Le seul trou noir, ce sont les aides au droit pour lesquelles tout se passe normalement de vive voix entre l’écrivain.e public, un paquet de document et la personne un peu perdue. Là, on a du fermer les permanences, on a aucun moyen de joindre ces personnes.

C’est difficile, il faut réorganiser le travail mais on ne perd pas l’essentiel : la solidarité, l’attention aux gens du quartier, l’entraide.
La fédération est aussi au travail et met en relation les salariés et leurs pratiques inédites.
Il ne faudrait pas que cette situation dure trop longtemps mais là ça va, les centres sociaux sont à la manœuvre.

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