Cerise témoigne

 

Vendredi 13 mars 2020 à 21h30, après une dernière représentation du collectif de théâtre, le centre socioculturel Cerise a baissé le rideau pour une durée indéterminée. Bien que fermé au public et aux associations hébergées, la priorité a tout de suite été de conserver le lien avec les différents publics et de trouver ou d’inventer de nouvelles formes d’accompagnement, de communication et de soutien indispensables face à cette crise sanitaire.

Continuer à être à l’écoute

Garder le lien 

 L’équipe salariée poursuit son travail de terrain à distance. Nous avons mis en place une permanence téléphonique du lundi au vendredi, et sommes joignables pour toute question, besoin, problème ou simplement pour discuter.

Les seniors seuls, sont les plus fragiles et souvent les plus isolés de nos publics et la « veille » mise en place consiste en des appels quotidiens. Chaque salarié se charge également de ses bénévoles et nous nous sommes répartis des mailings d’usagers du centre (sur lesquels figurent  les âges), afin d’appeler en priorité les plus de 65 ans.

Au sein de la permanence des écrivains publics, l’une des bénévoles s’est proposée pour assurer les appels auprès des autres écrivains, afin de maintenir le lien  mais aussi de soulager la salariée référente. L’aide administrative a été suspendue, car trop compliquée à distance.

A l’initiative d’un de nos bénévoles, par ailleurs administrateur,  « Radio Cerise » (une radio écrite !) ,  a été créée au 2e jour du confinement. Ouverte à tous les bénévoles, c’est un moyen d’échanger par mail  au quotidien, de garder le moral, entre poèmes, photos, récit du jour, coup de gueule etc. La cohésion entre les bénévoles est forte et cela aussi porte l’équipe salariée dans les moments de fatigue.

 

Créer un pôle de suivi pour être au plus proche des besoins et des réalités.

Activités de linguistique:
– Les ateliers de conversation en Italien, anglais  et Espagnol se poursuivent depuis deux semaines via Skype aux horaires habituels.  La liste des participants aux ateliers avec les contacts a déjà été diffusée aux bénévoles référents qui ont mis en place ce nouveau fonctionnement.

– Les Cours de FLE qui se développent via les outils informatiques :
Groupe 1 : mail + skype + WhatsApp
Groupe 2 : mail + plateforme éditeur du livre des élèves + groupe WhatsApp
Groupe 3 : Skype + mail + WhatsApp
Groupe 4 : rien du tout … la salariée référente reste  en lien avec les élèves par mail mais les bénévoles ne sont pas disponibles. Recherche de bénévole en cours.

L’accompagnement scolaire
Toutes les familles ont été contactées et une demande a été faite pour connaitre leurs besoins en informatique (Accès aux ordinateurs, aux tablettes ou aux smartphones). Peu ont répondu. Les écoles du 2e mettent à disposition des tablettes numériques.

Une  relance a été faite auprès de tous les parents la première semaine du confinement pour les informer de la mise en place d’un suivi à distance pour les devoirs. Ils ont été recontactés chaque début de semaine suivante. Or peu de participants. Une moyenne de 5 à 8 par semaine.
Mise en relation des jeunes avec certaines bénévoles d’acc. Sco pour travailler via skype.

En cas de complication pour les parents qui travaillent ou bien qui ne maitrisent pas bien le francais, pour assurer les cours de certains enfants (plusieurs heures)des bénévoles sont disponibles pour  aider à distance par visioconférence.

La jeunesse :

Pour les ados, les cours de hip-hop sont proposés en ligne, idem pour les cours d’improvisation théâtrale.

Après les trois semaines d’école, nous souhaitons maintenir le lien avec la jeunesse tout en s’amusant ! C’est le programme pour les vacances d’avril.

A travers différents supports numériques : Instagram, SnapChat, Facebook, WhatsApp, les jeunes se verront proposer des défis (rallye photos spécial confinement), des jeux de société en ligne,
des Quizz, des visites virtuelles…
Nous allons essayer de les mobiliser et de leur proposer de quoi occuper leurs après-midi des vacances en essayant de se retrouver tous les jours pendant 2 heures.

Les familles
Toutes les familles ont été contactées par mail et sms afin de leur communiquer notre numéro de téléphone de veille. Les jeunes ne répondent que très peu, le rythme du confinement semble avoir bousculé les repères de temps. Ils nous appellent en fin de journée alors qu’ils viennent souvent, de se lever. Il est difficile de les motiver et encore plus de savoir ce dont ils et la famille, auraient besoin. Certains restent enfermés chez eux depuis le début du confinement. Par peur.

Les familles logées à l’hôtel du SAMU et que nous avons accompagnées peuvent nous joindre sur WhatsApp. Une bénévole fait le lien. Une famille nous a contactés pour avoir des attestations de sortie. Un  de nos bénévoles, résidant non loin de son hôtel, lui en a déposé en lui expliquant comment l’utiliser. Une sage-femme avec laquelle nous travaillons nous informe également par mail de situations liées à des femmes sdf ou très précaires, enceintes, qui ont besoin d’aide matériel et alimentaire et sont totalement isolées. Les appeler est un réconfort. Il faut s’appuyer sur les structures ouvertes pour l’aide alimentaire et l’accès aux soins. Nous sommes relais.

Les seniors

Appelés  régulièrement, ils expriment leurs besoins, leurs inquiétudes, leurs attentes et leur humour aussi ! Ils nous surprennent par leur patience et leur sagesse. Certains séniors, aidants, souffrent énormément de cette situation et nous sommes vigilants à prendre de leurs nouvelles plus souvent afin de leur permettre cette soupape d’écoute et d’échange.

Certains ont repris des activités avec Cerise via Skype (conversation en langues étrangères), et nous leur proposons de poursuivre des ateliers d’écriture (par mail) avec consigne donnée par leur bénévole et écrits à renvoyer pour la semaine suivante.

Pour l’atelier mémoire, de petits exercices sont envoyés aux participants par la prestataire qui anime l’activité. Le lien va au-delà d’une simple animation. Elle connait très bien le groupe de séniors et elles sont très liées.

Pour le bien être, les plus connectés suivent  des liens de gym et de tai chi chuan qui leur ont été donnés afin de poursuivre un peu d’activité physique. La professeur de danse prépare de petites vidéos à leur transmettre pour des exercices simples à faire chez soi.

Nos tricoteuses de layette solidaire poursuivent leur fabrication et cet objectif d’entraide est un facteur supplémentaire pour vivre ce confinement : « rester utile même à distance ».

Il en est de même pour beaucoup de nos bénévoles séniors, très impliqués dans la vie de l’association, et qui poursuivent autant qu’ils le peuvent, leurs missions de « bienveillance ». Ils se déplacent chez qui à besoin, pour déposer, courrier, médicaments, courses, tout en veillant et respectant  les consignes sanitaires liées au Covid.

Certains d’entre eux accompagnent également l’équipe salariée dans le renouvellement du projet social, appels téléphoniques aux séniors, etc.

 

Les associations partenaires :

Nous maintenons le contact avec nos partenaires, notamment les associations qui donnaient leurs activités dans nos murs,  afin de connaitre leur fonctionnement durant le confinement, leurs difficultés et leurs besoins. Cela reste très compliqué notamment pour les groupes de parole qui ne peuvent se réunir.

Pour les partenaires extérieurs, nous restons en contact par mail et envisageons la reprise d’activité commune au-delà de l’été. Cela porte principalement sur la programmation culturelle. Nous nous projetons davantage sur la rentrée de septembre 2020.

 

Organiser une communication pratique régulière avec nos publics

La communication

Depuis le début du confinement, nous utilisons principalement la page Facebook de Cerise pour communiquer. Mise à jour quotidiennement, elle permet de donner des liens de services, d’aide, d’accompagnement aux personnes. Nous y mettons des informations officielles mais aussi des liens culturels, sportifs, musicaux, idées de jeux et de recettes,  à l’attention de tous les publics.

Le confinement est une période difficile et très anxiogène. Il nous apparait évident de pouvoir l’alléger en y apportant du ludique, du loisir et du positif à travers une large partie de notre communication.

Garder le lien tout en donnant un rythme aux journées et des petits objectifs. Nous avons lancé un évènement pour créer des banderoles de soutien aux soignants. Cela fonctionne bien.

Favoriser l’entraide et la solidarité

Notre nouvel objectif est de mobiliser et fédérer les couturiers et couturières qui le souhaitent, autour d’un collectif de fabrication de masques en tissu à l’échelle locale de notre territoire. Avec le soutien de la Mairie de Paris et des élus locaux, nous recensons les besoins et allons faire fonctionner les réseaux d’entraide. L’idée est d’en produite un maximum avec du matériel de récupération, dons de tissus, d’élastiques, de fil et que ces masques soient distribués aux séniors isolés, aux personnes en grande précarité, aux publics les plus démunis du centre de Paris, qui n’ont aucun moyen de s’en procurer pour se protéger.

Le site internet est mis à jour chaque fin de semaine, alternant liens officiels et messages en direction de nos publics. Les animateurs relaient des informations auprès de la jeunesse surtout via Instagram et Snapchat.

Mise en place d’une messagerie vocale sur le portable de Cerise, informant de toute modification ou nouveauté au niveau de nos actions ou bien à titre plus officiel.
Sur la vitrine de Cerise sont affichés et mis à jour une fois par semaine par une salariée, les annonces officielles, lieux de soins et autres informations importantes.

Des attestations de déplacement dans différentes langues sont mises à disposition également sur la vitrine. Chaque semaine il faut réapprovisionner. Cela fonctionne bien.

L’équipe salariée :

Sur 6 salariés, une a été touchée assez durement par le covid 19 et se trouve donc en arrêt maladie jusqu`à la mi-avril. Malgré tout, l’équipe reste très impliquée en télétravail, avec un rythme de réunions via skype deux fois par semaine afin de pouvoir échanger sur des difficultés rencontrées, et préparer l’organisation de la semaine suivante.

Dans les dossiers en cours, rapport d’activités, appels à projets, renouvellement projet social, etc  et tout le maintien du lien avec les usagers au quotidien.

Tout le monde est maintenu pour le moment à temps plein.

 

 

Besoins et difficultés rencontrés :

1/ Nous sommes en plein renouvellement de projet social et le confinement affecte évidemment notre travail de terrain, tant sur les remontées d’informations auprès des usagers (des animations prévues ont été remplacées par des questionnaires téléphoniques ou en ligne), que des partenaires du territoire.

La question d’un report du rendu du diagnostic  territorial et du futur projet social devra se poser en cas de prolongation du confinement au-delà du mois de mai (en raison des limites du travail à distance).

2/ incapacité à aider certaines familles qui rencontrent des difficultés pour faire travailler leurs enfants adolescents (certains parents ont « lâché »).

Se pose également le problème de l’accès à un matériel informatique pour travailler à la maison dans certaines familles.

3/ difficulté à faire travailler à distance certains groupes d’apprenants compte tenu de leur faible niveau à l’écrit + compréhension à l’oral => démotivation des bénévoles.

 

La résidence sociale, futur FJT et les travaux

Les travaux de gros œuvre ont commencé en octobre 2019 pour un rendu de chantier prévu à fin avril/début mai. Suite aux grèves de cet hiver et maintenant au confinement, les travaux ont pris beaucoup de retard. Des équipes poursuivent depuis une semaine les travaux de plomberie et d’électricité. Petits effectifs pour que les conditions sanitaires soient respectées.

Par ailleurs, le projet d’établissement concernant le futur Foyer de jeunes travailleurs est en cours d’écriture. Le Foyer n’ouvrira pas ses portes avant septembre 2020.

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